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Régime hypo-glucidique, basse en hydrates de carbone...

De mémoire, j’ai connu au fil des ans diverses diètes, toutes très populaires des unes des autres, ou à la mode et qui ont été aussi rapidement oubliées, comme elles étaient apparues pour être remplacées par la suivante en diététique anti graisse ou de je ne sais quoi !

Cependant, il y a une en particulier qui est en passe de tenir en ce moment la vedette, les diètes basses en glucides. Les soient disant vertus de la diète basse en hydrates de carbone ressassé partout et qui vous chante les bienfaits au travers des médias : radio, télévision, magazines et dans toute sorte pamphlets publicitaires. Mais en tant que bodybuilder digne de ce nom, ou enthousiaste de l’exercice quel qu’il soit, il est important que vous perceviez vos propres besoins en hydrates de carbone, ainsi que les dangers de cette nouvelle problématique nutritionnelle.

 

 

 

Comprenez bien, qu’en l’absence de l’apport nécessaire d’hydrates de carbone, votre organisme aura des difficultés à métaboliser les graisses. La dégradation de ces dernières réclame la présence d’aussi bien de graisses, que d’hydrates de carbone. Si votre organisme manque de glucides indispensables, ce processus ne pourra être mené à terme qu’imparfaitement, c’est-à-dire qu’il restera des molécules grasses non métabolisées par le corps.

 

Ces particules se dénomment corps cétoniques ou cétones et leur accumulation pathologique, cétose. La diète haute en protéines et graisse et basse en hydrates de carbone en vue de perdre du poids provoque de la cétose. Dans mon opinion, cette approche n’est pas particulièrement indiquée pour ceux et celles qui font de l’exercice.

Notez également que notre cerveau est l'organe qui consomme le plus de glucose provenant à la suite de la reconversion des hydrates de carbone consommées en sucre. Sans les glucides, pas de performance sportive.

En raison des pourcentages de ces diètes, vous n’aurez pas faim ; oeufs entiers, poissons gras, viandes rouges, lard et même lait et laitages entiers, tous des aliments qui ne contiennent pratiquement pas d’hydrates de carbone, mais en revanche de véritables cargaisons de graisse. Il est indéniable que ce faisant, on perd une bonne quantité de poids pendant les premières semaines et que l’appétit montre tendance à diminuer, dû aux altérations de la chimie corporelle qui ont lieu suite à la diète décrite. Au fur et à mesure que les niveaux d’hydrates de carbone corporels iront se réduisant, vous commencerez à vous déshydrater, c’est-à-dire à éliminer de l’eau, en provenance surtout des cellules musculaires. En l’absence d’hydrates de carbone, votre corps métabolisera pratiquement autant de muscle que de tissu gras. La déshydratation initiale une fois finie, presque la moitié du poids éliminé sera du muscle ! 

La diète basse en hydrates de carbone a été conceptualisée principalement à l’adresse de ceux et celles qui sont trop paresseux pour maintenir leur programme constamment équilibré. Ces annonces de boissons rafraîchissantes basses en hydrates carbone sont l’exemple parfait du ridicule en matière de diététique. L’idée qu’il soit bon pour la santé de les consommer ne saurait provenir que d’un chef de marketing incompétent sur les chapitres et de la nutrition et de la publicité, ou d’un véritable spécialiste de la désinformation, voire de la mise en boîte. D’ailleurs, les boissons rafraîchissantes sans sucre, c’est-à-dire sans hydrates de carbone, sont disponibles sur le marché depuis des années. Brefs c’est une forme comme une autre de se remplir les poches aux dépens de la bonne foi de votre prochain.

J’ai même vu annoncé des repas « bas en hydrates de carbone » proposé par quelques restaurateurs de la place. C’est la même nourriture de toujours, exception faite des sempiternelles pommes frites ! Voilà donc qu’on se gave de graisse, calories et cholestérol, mais qu’on respire soulagé, car c’est un repas bas en hydrates de carbone ! Eh bien, chères lectrices et chers lecteurs, sachez que vous n’aurez qu’à vous empiffrer d’hamburgers dégoulinant la matière grasse - bien entendu, en vous privant de pommes de terre - pour avoir une santé de fer et un corps découpé à ravir ! 

Moralité de l’histoire : si vous désirez dîner quelque chose de sain, allez chez "MC BIGCHOUETTE".

Vous en aurez soupé !

Il va sans dire que ce sont bien des surplus de calories et les graisses saturées qui seront à l’origine de ce surpoids. « Vous aurez beau ne pas consommer un seul gramme d’hydrates de carbone tout au long de votre journée, que si vous enfournez sans cesse des viandes nageant dans la graisse, vous prendrez inévitablement du poids gras ».

On accumule du tissu adipeux non pas parce qu’on mange des hydrates de carbone, mais parce qu’on consomme un plus grand nombre de calories qu’on n’en brûle ! C’est si simple que cela !

D’autre part, si vous ne mangez pas d’hydrates de carbone, vous serez obligé de consommer d’autant plus d’aliments gras pour manger à satiété. Or, la graisse ayant plus du double de calories que les glucides, votre ingestion de calories sera plus importante. La principale raison pour laquelle le public tombe si facilement dans le panneau de la diète pauvre en glucides, est qu’elle offre des résultats rapides. Comme nous l’avons vu quelques lignes plus haut, en réduisant les hydrates de carbone à leur plus bas niveau, le corps retient moins d’eau et brûle du muscle, ce qui provoque une perte presque immédiate de poids, sous l’apparence d’efficacité. Celui qui s’y met ne réalise pas sur l’immédiat que ces effets ont lieu seulement à court terme et que, en fait, il n’a pas éliminé de graisse. En réalité, il a augmenté son pourcentage de tissu adipeux, étant donné qu’il perdu du poids en éliminant une certaine quantité de muscle et en conservant toute sa graisse. Bientôt, la perte de poids cesse et le pratiquant expérimente une réduction du muscle, de plus bas niveaux d’énergie et une perte de motivation. Il fera la prochaine diète à la mode et, très probablement, il reprendra tout le poids perdu.

 

Erreur diététique : Les glucides ne peuvent pas être stockés sous forme de graisse ?

La vérité : il n'y a pas de quoi rire. Au fil des années, cette idée erronée a été renforcée par bon nombre de physiologiste astucieux qui pensaient que les sucres excédentaires n'étaient pas mis en réserve immédiatement sous forme de tissu adipeux, mais qu'au contraire, ils étaient canalisés par le biais de voies métaboliques compliquées et indirectes pour faire de la graisse. Eh bien, ils avaient tous FAUX ! car les glucides peuvent nous faire grossir de trois façons.


Tout d'abord, notre corps les stocke tous sous forme de tissu adipeux quand vos muscles et le foie sont déjà pleins de glycogène : en cas de surplus calorique, un régime hypo-glucidique peut donc entraîner une prise de poids. Deuxièmement, la montée brusque du taux d'insuline provoquée par l'ingestion de sucres peut mettre en route le mécanisme de mise en réserve des graisses. Troisièmement - et voici la surprise - lorsque l'on ingurgite des sucres rapides en excès, ils sont transformés en graisse pour être stockés plus facilement. Appelé lipogenèse de novo (ce qui signifie, conversion des sucres en graisse), ce processus de transformation explique pourquoi beaucoup de personnes se méfient des régimes hyper-glucidique.

Que faire me direz-vous ? Vous essayez de prendre de la masse tout en surveillant votre ligne ? Alternez trois jours d'apport élevé en glucides avec deux jours de repas hype-glucidiques afin d'éviter que les stocks de glycogène ne se reconstituent totalement. On pense que la lipogenèse de novo décroît également à mesure que l'apport de sucres baisse.

Le pire des problèmes est la perte de masse musculaire. On construit du volume sec à l’aide d’une diète équilibrée, composée de protéines et d’hydrates de carbone, car elle est essentielle pour brûler de la graisse. Diverses études scientifiques démontrent que, plus une personne aura de la masse musculaire, plus elle brûlera de la graisse à longueur de journée. Son rythme métabolique basal sera même plus rapide, ce qui lui permettra de dépenser davantage de calories même à l’état de repos absolu.

 

Saviez-vous que votre corps brûle de la graisse à l’intérieur des cellules musculaires ?

C’est un contres sens, de vouloir réduire les hydrates de carbone au point de sacrifier du muscle !

A quelle fin vouloir perdre de l’eau et de la masse sèche, alors que vous pouvez prendre du tissu musculaire et éliminer du Gras ! Vous aurez non seulement une apparence plus saine, mais vous vous sentirez aussi plus fort, vous aurez plus d’énergie, de vivacité mentale et émotionnelle, mais surtout un corps plus sain.

Chez ceux qui ne font pas d’exercice aux résistances, on dirait qu’à la mode de la diète sans hydrates de carbone est venue s’ajouter l’idée que ce type de régime alimentaire est idéal pour ceux qui font une grande quantité d’exercice d’aérobie, ce qui crée un double effet négatif. Un volume élevé d’activité cardio-vasculaire par une alimentation déficiente provoquera une perte musculaire encore plus grande. La diète basse en glucides leur fera éliminer une précieuse quantité d’eau dont ils auraient besoin pour s’exercer, ce qui se traduira par une si grande dégradation de tissu musculaire, qu’ils deviendront maigres, sans aucune muscularité. Ayant toujours une quantité excessive de tissu adipeux, ils se transformeront en quelque sorte en une « édition de poche » de ce qu’ils étaient auparavant, à leurs débuts à l’exercice. Ils finiront frustrés parce qu’ils seront toujours mous et rondelets, mais avec moins d’énergie, pour couronner le tout. Après un temps de carences des hydrates de carbone nécessaires et de perte de muscle, ils se surentraîneront et s’affaiblissent.

 

En principe, cela devrait leur faire comprendre qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Si vous vous entraînez régulièrement et votre alimentation est bien adaptée, vous devriez être de plus en plus fort, graduellement, voire améliorer votre endurance. Mais si vous vous sentez faible et fatigué à l’entraînement, c’est signe qu’il vous faudra changer quelque chose à votre programme. La réduction draconienne de vos hydrates de carbone obligera également votre corps à ralentir son métabolisme. Bien sûr, la perte de masse musculaire n’y sera pas pour rien, mais en éliminant pratiquement tous les glucides vous aurez contraint votre organisme à opérer avec une moindre ingestion calorique. D’autre part, si vous forcez votre organisme à éliminer de l’eau et du tissu musculaire, il réagira en contrecarrant les effets de la diète. Il ralentira son métabolisme à l’objet de préserver l’eau et le tissu musculaire. Doté d’une grande capacité d’adaptation, votre corps essaiera de corriger ses propres paramètres quand vous commettrez une erreur aux dépens de votre santé, pendant un certain temps. Si vous poursuivez vos restrictions sur le chapitre des glucides - si nécessaires pour les récupérations et de nombreuses fonctions corporelles - votre organisme y parera en conservant son énergie, sous quelque forme que ce soit. Il essaiera envers et contre tout de stocker des hydrates de carbone et de la graisse.

Son métabolisme ayant chuté à pic, dès que vous ferez quelques répétitions votre organisme essaiera de vous forcer à abandonner en réduisant votre niveau d’énergie. 

 

Par ailleurs, si vous réduisez vos hydrates de carbone à leur plus simple expression, votre corps répondra en vous provoquant d’atroces fringales toute la journée. Quand on limite excessivement les glucides, les niveaux de sucre sanguin deviendront trop bas et l’organisme réclamera des sucres simples dans le but de les élever rapidement jusqu’à la normale. "N’avez-vous pas constaté que quand vous n’avez pas mangé pendant un certain temps, vous avez une envie immodérée de douceurs et éprouvez de légers étourdissements ?"

 

Mais, que vous cédiez à la tentation ou non, vous serez fatigué, irritable, incapable de vous concentrer, bref, vous ne vous sentirez pas dans votre assiette. A votre avis, est-ce qu’on appelle cela une vie saine ?

En plus de la diminution à des minimum des hydrates de carbone, les partisans de la diète en question parfois considèrent convenable de réduire le volume total de nourriture. Le but de cet article ne me permet pas d’expliquer dans le détail le bien-fondé de faire cinq ou six repas par jour. Disons tout simplement qu’en n’en faisant qu’un ou deux, ils obligeront leur métabolisme à se ralentir davantage encore. C’est-à-dire que, pour comble, ils seront nettement sous-alimentés, qu’ils fassent de l’exercice ou non. Ces diètes restrictives ne servent qu’à amener l’organisme à s’agripper à ses stocks de graisse. Une telle réduction de glucides et calories amène l’organisme à se mettre sur la défensive, c’est-à-dire à essayer de survivre en stockant le glucose obtenu du peu d’hydrates de carbone qu’on lui apporte encore, ainsi que l’insuline, sous forme de graisse. Il s’ensuit un effet comparable à l’hibernation de certain animaux.

« Quand on ne nourrit pas son corps comme il faut, et le contraint à se contenter du peu d’aliments qu’on lui fournit, il essaiera d’emmagasiner la plus grande quantité possible de graisse, tout en ralentissant  son métabolisme, car il ne « sait » pas quand il pourra manger à sa faim à nouveau ».

 

Le but de mon article est d’expliquer à nos lecteur, l’importance d’une consommation suffisante d’hydrates de carbone. Dans mes prochains articles qui suivront, nous examinerons la façon dont notre organisme les utilise quand on les lui apporte en quantités suffisantes et avec le timing juste. Ma démarche est de mettre en garde nos lecteurs contre les dangers d’une réduction radicale des hydrates de carbone. Un aliment n’est pas salutaire du simple fait d’être bas en hydrates de carbone. Sans oublier que ces diètes ne sont qu’une mode passagère qui ne mène qu’à la déception et à un état de santé déficient sur le long terme.

L’adhérent moyen de ce type de diète recouvrera probablement son poids normal après une relativement longue période caractérisée par la frustration d’avoir constaté qu’il ne perd plus de poids et que son tonus musculaire brille par son absence.

 

Le sens premier de la diète doit être de se forger un corps en bonne santé, ne trouvez-vous pas ?

 

Croyez-vous à la publicité comme à parole d’évangile, cher lecteur ? Car si c’est la cas, le seul véritablement à se muscler sera le compte en banque de ceux qui jouent sur le manque de connaissances et du scepticisme de la plupart des gens, en matière de diététique, qui EUX sauront malheureusement vous persuader de leur bonne foi.

 

« Les diètes hautes en graisses et basses en hydrates de carbone ne sont pas la meilleure stratégie pour se découper en bodybuilding », retenez donc ceci !

 

 

 

 

* Jerry Yeung est disponible pour toutes informations utiles (séminaires, préparation physique, etc ...). Prendre contact avec la direction de l'IFBB Tahiti Magazine ifbbtahiti.mag@gmail.com

 

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